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Jean-Marie Fondacaro et les corps apprivoisés

Sa formation auprès des compagnons sculpteurs sur bois lui a donné la maîtrise de son métier qu’il renouvelle en échappant à l’enfermement restrictif d’une technique.

Pour traduire une corporalité en perpétuelle mutation, il a choisi le dialogue avec le métal, la terre et la résine traduite ensuite dans le bronze. Sur la motte de terre, la pression des doigts donne vie à l’inanimé. Lentement il apprivoise des corps élancés qui tendent vers le ciel.

Leurs attitudes volontairement distendues inscrivent leurs mouvements dans l’espace les immobilisant dans un équilibre troublant comme dans Distension. Ce qui compte c’est l’inflexion, l’arrêt dans le vide de tous ces corps en action : Parade d’amour.

La dynamique est inductrice de vie. Il s’attache pour les mêmes raisons aux volumes. Plutôt que transcrire la beauté classique, il tend vers les forces qui incarnent et transfigurent l’inanimé, l’immobilité. La masse, le poids drainent une sève, des nerfs qu’il arrache à la matière ainsi métamorphosée.”

La Gazette de l’Hôtel Drouot, 03/10/03.
De Musées en galeries par
Lydia Harambourg

Jean-Marie Fondacaro est un sculpteur

Jean-Marie Fondacaro est un sculpteur, c’est-à-dire qu’il est d’abord un technicien de la matière. Il sait que celle-ci commande la forme avant même l’intention de l’utiliser.

Jean-Marie Fondacaro est un sculpteur, c’est-à-dire qu’il invite au mouvement, il faut tourner autour des oeuvres, il faudrait même idéalement qu’elles bougent, qu’elles vivent, qu’on ait peine à les suivre et d’ailleurs ils nous invite à les rencontrer à l’instant même où elle font une pause.

Elles reprennent leur souffle avant de repartir, elles se figent dans la tension d’un instant dont on voudrait qu’il dure...

Et il dure; c’est tout le talent de Jean-Marie. Quand je vous disais que c’est un sculpteur.
                                                                                                                                   
Benoît Pekle